Voyages vers l’Italie – Bernard Plossu et Paul Martin

Itinérances à travers les photographies de Bernard Plossu et les aquarelles de Paul Martin
Textes de Marc Ceccaldi, Nadine Gomez, Andrea Busto, Bernard Plossu
Année : 2005
Éditeur : Images En Manœuvres éditions / Musée Gassendi
Prix : 25,00 €
ISBN : 2-84995-047-5
 
Lorsque Paul Martin part sur les chemins de Haute Provence le 16 juillet 1872, il succombe comme beaucoup d’artistes de son époque à la mode du voyage pittoresque qui se multiplie depuis la fin du XVIIIème siècle. Il s’agit pour ces artistes de familiariser le public avec la richesse du patrimoine rural, dans la tradition du félibrige – Paul Martin est un ami de Mistral. L’aquarelle venue d’Angleterre est l’objet d’un véritable engouement avec les générations romantiques. Procédé rapide, elle permet de saisir dans l’instant les lueurs du crépuscule et convient à l’idée romantique de l’artiste vagabond qui tire sa force du contact avec la nature. En 15 jours, l’aquarelliste Paul Martin gagne les confins du territoire bas-alpin, touche la lisère italienne et revient. Il nous a laissé 56 instantanés, impressions fugitives et nostalgiques d’un voyage lent vers l’Italie.

En 2002, le voyage photographique de Bernard Plossu sur les mêmes terres de Haute Provence, propose une expérience vivante et contemporaine de la traversée des Alpes. Ici le voyage vers l’Italie s’effectue en voiture et l’expérience du paysage est vécue à travers les vitres du véhicule dont on ne descend qu’à de brèves reprises. La traversée du paysage n’est plus une ode à la lenteur mais construit une esthétique de la rupture : aux courbes douces des prairies alpines succèdent les angles droits des constructions industrielles de la vallée du Po.
À travers l’objectif photographique de Bernard Plossu, le parcours vers l’Italie devient net, épuré de toute émotion. Le photographe nous permet de partager son expérience : il nous livre ses planches contacts intégralement ,
signifiant son souhait de montrer les lignes de forces de son voyage.

Ce livre témoigne de circulation entre deux pratiques, séparées par plus d’un siècle et par une apparente incompatibilité.
Il rend compte également d’une volonté actuelle d’échanges autour de la production artistique de chaque côté de la frontière : à la suite d’un programme européen, le public d’aujourd’hui est invité à faire sa propre expérience du regard le long de cet itinéraire emprunté par Bernard Plossu. Une série d’expositions d’art contemporain accompagnent en période d’été le voyage entre Digne et Caraglio.