Des plumes de goélands fixées par de petits points de cire à des fils de nylon composent dans l'espace où elles flottent des figures géométriques insaisissables qui bougent et se dérobent au gré des courants d'air et du mouvement des visiteurs.
Légères et limpides, les installations in situ d'Isa Barbier invitent paradoxalement à l'expérimentation d'espaces géométriques complexes. Elles semblent sculpter l'espace, une matière impalpable qu'elles n'occupent pas en tant qu'objets solides mais comme des formes sensibles sans contour, des présences éphémères réalisant la coïncidence momentanée d'une forme et de son exposition aux regards.
Vue de l'installation d'Isa Barbier dans la galerie du CAIRN
Masbedo est un duo formé par Nicolò Massazza et Jacopo Bedogni nés en 1973 à Milan et en 1970 à Sarzana (Ligurie). Ils vivent et travaillent à Milan. Ils exposent régulièrement en Italie et en Espagne.
Le CAIRN, centre d'art présente la première exposition personnelle en France de ces deux artistes vidéastes et photographes en montrant l'installation vidéo Le monde n'est pas un panorama (Il Mondo non e' un Panorama) issue de leur seconde collaboration avec le romancier Michel Houellebecq. Masbedo invite l'actrice Juliette Binoche dans cette vidéo qui puise librement dans le roman de Houellebecq : La possibilité d'une île (Fayard, 2005).
L'exposition présente également une installation récente Togliendo Tempesta al mare (prendre la tempête à la mer).
Vue de l'installation, Togliendo tempesta al mare (prendre la tempête à la mer)
Óscar Molina est né à Madrid en 1962. Il vit et travaille en Andalousie. Il est l'un des plus importants photographes espagnols contemporains. Il a écrit plusieurs textes sur la pratique de la photographie et son oeuvre a été acquise parde nombreuses collections publiques et privées.
Petite histoire du temps, « Photographies d'un journal en Haute Provence »
L'exposition d'Oscar Molina dans la galerie du CAIRN constitue pour l'artiste l'une des manifestations d'un vaste projet qu'il nomme Fotografias de un diario (photographies d'un journal) et qu'il décrit dans ces termes :
“Fotografias de un diario est un projet ouvert, un travail qui se développe sans limites de série ou de temps définies. Depuis sa naissance, il consiste en une pratique de chaque jour qui se superpose à mes autres activités quotidiennes. Ce projet est composé de milliers de photographies que j'ai commencé à réaliser avec un appareil compact depuis 1991. Actuellement ces archives se composent de plus de quarante mille prises de vues faites au cours des 15 dernières années. Depuis le début, je m'intéresse à la possibilité d'intégrer l'activité de faire des photographies comme une pratique libérée d'une attitude dont l'objectif serait d'obtenir certains résultats concrets. Fotografias de un diario a commencé au moment où j'ai cessé de « sortir faire des photographies » pour « faire des photographies quand je sortais », c'est à dire à tout moment auquel il est occasionnellement possible de presser sur le déclencheur sous l'impulsion de l'intention, du hasard ou de la résonance. Depuis le début, j'ai inclus le texte comme une partie intégrante de certaines oeuvres. Le texte est présent dans tout le projet comme élément constitutif de celui-ci, non seulement de certaines images, mais d'un sens général du travail dans sa totalité. Actuellement les archives de fotografias de un diario continuent de croître et de se développer en parallèlement à d'autres projets [...] tout en conservant leurs intentions et caractéristiques initiales.“
Oscar Molina
L'exposition Petite histoire du temps se composait d'une soixantaine de tirages originaux d'Oscar Molina.