2006

2006

15 avril / 9 juin : Bernard Pourrière, Espèce composite

« Je considère mes installations comme des serres expérimentales, un lieu qui privilégie le réel et le virtuel, entre le synthétique et le naturel, un lieu où pousse de l’artificiel et où les mutations génétiques dominent. La serre est à la fois le symbole d’un air protégé des conditions climatiques et d’un laboratoire démonique ».

Bernard Pourrière

Le point de départ de la galerie est un étrange animal ressemblant à une vache reconstituée, en plusieurs fragments de résine, du tissu et de la fausse fourrure. Accrochées de part et d’autre, des images numériques représentent d’improbables animaux : des chimères, design d’espèces du futur. Les socles portant des cages vides contiennent un dispositif qui réagit au mouvement des visiteurs en déclenchant des chants d’oiseaux. Un mainate, acquiert la possibilité d’assimiler le langage d’après les scientifiques que certains oiseaux se nourrissent du chant d’autres oiseaux pour dépasser leur propre chant.

 

 

18 juin / 29 octobre : Guiseppe Penone

Giuseppe Penone est une figure majeure de l'art de la seconde moitié du XXe siècle et sans doute l'un des artistes européen les plus reconnus. Ses oeuvres sont présentes dans les plus grandes collections d'art contemporain françaises (MNAM, Musée d'Art moderne de Saint-Étienne, Fondation Cartier, MAM de la Ville de Paris...) et internationales (Tate, MoMA, Castello di Rivoli, ...). En 2004 le Centre Pompidou a organisé une grande rétrospective de son oeuvre.

L'exposition s'articule autour de deux axes. Elle présente, dans un premier temps, Pelle digrafite (Peau de graphite) : un ensemble de dessins de grand format au crayon graphite sur papier noir tendu sur toile. Ces oeuvres récentes (2004) s'inscrivent dans la réflexion initiée par Giuseppe Penone dans les années 70 autour des notions de toucher, d'espace et du rôle culturel de l'empreinte et de la peau avec, notamment, la parution en 1970 de l'ouvrage Développer sa peau et la réalisation de dessins monumentaux à partir de détails magnifiés de la peau de l'artiste projetés sur un mur. Avec les Peaux de graphite, on retrouve le même principe d'agrandissement d'un détail de peau où le réseau créé par les sillons de l'épiderme est laissé en réserve de papier noir alors que le reste du dessin se couvre d'une fine couche de crayon graphite aux reflets minéraux. En effet chaque dessin porte en sous-titre le nom d'une roche : Reflet de Goethite, Reflet de Lazulite, ou au CAIRN Reflet d'Argentite qui prend un sens tout particulier dans le contexte de la Réserve Géologique.

Dans un second temps l'exposition opère un retour dans le temps en présentant un ensemble de sculptures datant de 1979 - 1980. Ces oeuvres s'éloignent de la recherche du sublime qui parcourt les sculptures comme Respirer l'ombre pour revenir au Penone du presque rien qui cherche à donner une forme à l'impalpable.
Avec Cocci (Tessons) de 1979 et Albero d'acqua (Arbre d'eau) de 1980, Penone tente de matérialiser le geste simple et pourtant essentiel de recueillir de l'eau dans le creux de ses mains et de les lever vers sa bouche pour boire. Le plâtre versé dans le creux des mains de l'artiste révèle ce geste en le fixant dans le temps. Un geste qui fait écho dans le parc Saint-Benoît - où se trouve la galerie du CAIRN - à la présence d'une cascade pétrifiante qui du fait du fort taux de calcaire dans son eau va peu à peu minéraliser tout ce qu'elle touche.
Tout à la fois allégories poétiques et révélation de l'invisible les oeuvres de Giuseppe Penone ne sont pas tant des objets que des lieux où, comme l'écrit G. Didi-Huberman : “Chaque temps de l'oeuvre persistant aux autres, enveloppant les autres, se nourrissant des autres [...] affirme plutôt l'inséparation [...] entre agent, action et résultat“.

 

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