2005

2005

Le Cairn et le musée Gassendi retrouvent une programmation autonome et indépendante.

19 juin / 12 septembre : Paul-Armand Gette, La diversité des sources ou de l'optique à l'haptique

L’exposition intitulée La diversité des sources, ou de l’optique à l’haptique, est le fruit de la rencontre de l’artiste et du territoire exceptionnel de la Réserve Géologique. L’exposition comprend deux installations : le divertissement du sédimentologue ; des galets au nuage morphométrique et Diane et ses nymphes- quatre vitrines abritant échantillons, objets, publications, ainsi qu’un ensemble important de photographies. Riche en formations sédimentaires, le pays dignois ne pouvait manquer de constituer un espace de travail pour Paul-Armand Gette. Car l’autodidacte éclairé des sciences de la nature est aussi un créateur subtilement décalé. Son œuvre procède de toutes sortes de croisements qui, lorsqu’ils présentent une dimension topologique ou paysagère, mettent au jour des zones d’indétermination : des franges, des lisières. Il manifeste ses intérêts multiples pour la mythologie, la littérature et sa fascination pour les sciences qu’il trouve proches des arts. A Digne il a trouvé le terrain d’application idéal pour se faire rencontrer l’art et la science puisque justement l’entreprise mise en œuvre ici provient d’une collaboration entre un musée et une réserve scientifique.
Indifférent à tout ce qui, d’une manière ou d’une autre, relève du pittoresque et du beau, il a su tirer parti de l’absence de monotonie du pays dignois. Posant son regard bleu sur les affleurements, il ne s’est pas adonné à quelque exercice d’érudition ; en revanche, il a conféré à l’objet inclassable de ses recherches, un objet « géo-artistique » en quelque sorte, une fonction essentielle : nous faire rêver.

 

Station botanique d'Adiantum capillusveneris L., Paul-Armand Gette, Installation permanente dans le Musée-Promenade

“La source du Mont Saint-Benoît (qu'est-il venu foutre ici le fondateur des Chartreux, pas les chats, les moines), gigantesque Mont de Vénus renversé, ne se contente pas de fabriquer allègrement ses tufs, mais en raison de l'interdit pétrifie les regardeurs indiscrets et aussi favorise la croissance d'une mignonne fougère Adiantum capillusveneris L. que j'avais déjà rencontrée ornant la fontaine de la Villa Medici à Rome, ici au milieu de toute cette eau, de ces bruits de ruissellement, cette pilosité verte qui tremble quand les gouttes la rafraîchissent, quelle pertinence !
Pour y voir les cheveux de la déesse de l'amour, mon cher Linné avait l'imagination fertile, mais il est vrai que ces feuilles triangulaires qui ornent les suintements moussus me plaisent beaucoup.“
Paul-Armand Gette, Journal

10 septembre / 30 novembre : Reno Salvail et Dominique Angel, 44° 6'N-6° 13'E

Reno Salvail né en 1947 à Plessisville, Québec. Il vit et travaille à Québec. Il se définit comme un " land-artist "qui utilise la réalité tangible de la planète comme un sujet d'études. Des expositions de son travail ont été présentées au Québec, dans le reste du Canada, aux États-Unis, et en Europe. Il a été gratifi é de plusieurs bourses et prix du
Conseil des Arts du Canada et du Conseil des Arts et des lettres du Québec.
Dominique Angel né en 1942 à Briançon. Il vit et travaille à Marseille. De 1977 à 1991 actif au sein du groupe et de la galerie alternative Calibre 33 à Nice. Il expose régulièrement depuiis le début des années 1980. Son travail est présent dans de nombreuses collections. Sculpteur, photographe, vidéaste, performer, Dominique Angel à également publié plusieurs romans.
Cette double résidence s'est déroulée dans le cadre de Québec / Provence-Alpes-Côte d'Azur / Art contemporain, série d'échanges initiés par la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur avec le soutien de la Délégation Générale du Québec à Paris, de l'AFAA et du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Ce projet se développe sur deux lieux : Digne avec le CAIRN, centre d'art  et le Nord Québécois (rivière Rupert au Km. 238 de la route du nord) avec la galerie Séquence.
Les travaux entrepris par chacun des artistes des deux côtés de l'Atlantique sont conçus comme une seule oeuvre implantée sur un site et poursuivie sur un autre. En relation avec l'implantation d'oeuvres dans la nature, cette expérience donne lieu à un travail vidéo, photographique, littéraire, de performance et à un site Internet sur lequel on peut consulter pour chaque jour, la résidence de Dominique Angel et Reno Salvail sur une page nouvelle.

La Trace du lièvre, Reno Salvail, Installation permanente dans la Réserve-Géologique de Haute-Provence, Pentes du Blayeul

L'installation-itinéraire, La trace du lièvre se trouve à flanc de montagne dans la partie nord-est du massif du Blayeul au nord-est de Digne-les-Bains. Telle un jeu de piste, l'installation est accessible au public à travers les coordonnées GPS précises de chaque borne.

Pour en savoir plus, cliquez sur le lien : Reno Salvail, La trace du lièvre

Pièce supplémentaire, Dominique Angel

Pièce supplémentaire, Dominique Angel, Installation permanente dans le Musée-Promenade

Chaque nouvelle oeuvre de Dominique Angel est nommée pièce supplémentaire, car elle constitue un des fragments d'une oeuvre globale qu'il réalise sous des aspects protéiformes.
Son projet consiste à réaliser les pièces manquantes en utilisant des moyens d'expression diversifiés tels que la sculpture, l'installation, la vidéo, la photographie, l'écriture et à rassembler ces divers éléments en vue d'une oeuvre unique. En mettant un socle autour de ce tronc, il change notre regard sur cet élément naturel, en modifie son statut, il érige droit devant nous un monument à la mémoire de cet arbre mort, non sans ironie...

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