La Salle des Paysages

La Salle des Paysages

La salle des paysages

Entre tradition artistique provençale et approche contemporaine
La collection de peintures du XIXe

Un courant de renaissance provençale voit le jour vers le milieu du XIXe siècle et permet l’éclosion d’un mouvement, le Félibrige, dont Frédéric Mistral prend la tête.

L’ambition des félibres est la réhabilitation de la langue provençale, démarche qui entraîne une manière nouvelle d’appréhender le pays natal. Peintres et poètes se rejoignent dans une exaltation de la Provence rustique et traditionnelle.

La collection de peintures qui constitue le fonds du musée à son ouverture a été rassemblée par Paul et Etienne Martin. Elle reflète leurs idées et leurs goûts qui sont ceux de nombreux paysagistes provençaux encouragés par l’éclosion du courant félibrige.

Frédéric Mistral est un ami de Paul Martin auquel il rend visite en 1902. L’influence du futur prix Nobel (1904) est très importante sur la famille Martin, notamment sur Eienne. L’intérêt qu’il porte à la tradition de la peinture et son rêve d’une Provence rurale où pourrait s’élaborer la régénération du pays expliquent la constitution d’une collection régionaliste pour le musée.

Ainsi la collection s’ordonne principalement en scènes de la vie quotidienne, en marines et en natures mortes. Une approche contemporaine du paysage nous est donnée par l’immense paroi d’argile réalisée in situ par l’artiste écossais Andy Goldsworthy.

étienne Martin - Le Relais - Salon de Paris de 1890 - 150,5 x 201 cm - Huile sur toile - Don de l'auteur Etienne Martin - Le Relais - Salon de Paris de 1890 - 150,5 x 201 cm - Huile sur toile - Don de l'auteur
étienne Martin - Le Courrier - 1900 - 150,5 x 201 cm - Huile sur toile - Don de l'auteur Etienne Martin - Le Courrier - 1900 - 150,5 x 201 cm - Huile sur toile - Don de l'auteur

La taille de ces deux tableaux est inhabituelle. L’artiste les destinait à l’exposition du célèbre Grand Salon à Paris, où il exposa de l’âge de 20 à 76 ans. Ces oeuvres étaient donc conçues pour s’imposer face à une rude concurrence au Salon.

Les dessins préparatoires et les études de motifs sur Le Relais et Le Courrier témoignent des différentes étapes d’un travail graphique. Bouleversant ses habitudes – la peinture de plein air et les petits formats -, Martin a ici travaillé en atelier.

Le chien est présent dans les deux scènes. C’est un clin d’oeil au compagnon de ses voyages, compagnon dont il mentionne la fidélité dans ses écrits.

Mais le motif central ici est avant tout la diligence. Symbole nostalgique d’un temps révolu avec l’avènement du train, elle rend mémoire à son grand-père, surnommé “ Martin des voitures ”, représentant des Messageries Poulin à Digne. C’est aussi le moyen de transport de ses vacances d’enfant passées à Digne, et celui du peintre itinérant qu’il fut.

Le réalisme anecdotique des deux scènes permet de reconnaître aujourd’hui le point de vue adopté par le peintre : la route de la Brillanne avec le village de Lurs sur les hauteurs et le petit cabanon dans le champ à gauche toujours d’actualité pour Le Courrier ; le Relais du Petit Saint-Jean devenu l’hôtel du Petit Saint-Jean au centre de Digne, pour Le Relais.

Raphaël PONSON

Solliès-Pont 1835 - Marseille 1904

Frère aîné d’Aimé, Raphaël est l’élève de son père décorateur, puis de Loubon. Après des séjours à Paris et en Italie, il s’installe définitivement à Marseille et se consacre à la peinture de marines et de paysages provençaux. Attaché aux grandes compositions murales, il travaille aussi pour l’Hôtel de la Préfecture et le Palais Longchamp. Artiste renommé, il expose aux Salons de Marseille et de Paris et reçoit la légion d’honneur en 1896.

Raphaël Ponson-La Calanque de Sormiou, aux environs de Marseille- Huile sur toile, 64 x 114 cm- Don de Toussaint Samat en 1890

La calanque de Sormiou, aux environs de Marseille

Les paysages de Ponson, spécialiste des criques et des calanques, reflétent le goût du pittoresque des touristes et des promeneurs de l’époque, où l’âme s’abandonne à la contemplation et aux bruits des vagues.


Peintre minutieux, il souligne la profondeur de la scène par un jeu d’ombre et de lumière colorée, et par des variations de touche : frappés par le soleil, les rochers du premier plan sont matérialisés par une pâte épaisse, tandis que la touche est lisse et aérienne pour le ciel. Les barques de pêcheurs et les voiles des bateaux indiquent l’échelle et guide le regard vers un horizon sans fin.

River of Earth - Salle des paysages River of Earth - Salle des paysages
River of Earth - détail - état en cours de séchage River of Earth - détail - état en cours de séchage
River of Earth - préparation River of Earth - préparation

Andy Goldsworthy

Andy Goldsworthy est né en 1956 dans le Cheshire. Il vit et travaille à Penpont dans le Dumfriesshire (Écosse). Il expose dans de nombreux pays dont les États-Unis, la France, l’Australie, l’Allemagne et le Japon. Malgré les nombreux projets qui l’entraînent aux quatre coins du monde, il est profondément attaché  à sa résidence écossaise qui constitue avec Digne, les deux lieux où s'élaborent l'essentiel de ses oeuvres.

River of Earth

1999 - Argile de Penpont (Ecosse) et cheveux - 50 m2

Refuge d'art

« Derrière ce mur, il y a une vue magnifique sur le paysage environnant. Je n’ai pas bouché cette vue mais je l’ai découverte à l’intérieur du bâtiment et j’espère aussi d’une façon ou d’une autre à l’intérieur de nous-mêmes.

En appliquant l’argile sur un mur, je me suis rendu compte que le réseau de craquelures se formait en fonction de ce qu’il y avait dessous. J’ai alors décidé de faire un mur sur lequel la couche d’argile serait plus ou moins épaisse selon les endroits afin que, lors du séchage, une forme apparaisse dans les craquelures. Une des formes (précédemment utilisées) pouvait suggérer l’idée de déplacement, évoquer le cours d’une rivière ou encore un serpent. C’est cette forme que j’ai décidé de reprendre à une plus grande échelle, et que j’ai filmé pour le Ballet Atlantique.

Le processus de séchage est quelque chose d’extraordinaire au cours duquel l’oeuvre se révèle peu à peu.
Une paroi de bois a été construite sur le mur du bâtiment. Ensuite, ce mur a été enduit grossièrement afin que l’argile puisse y adhérer.
L’argile a été appliquée en plusieurs couches, en y mélangeant des cheveux pour la lier. La dernière couche a été lissée à la main. »
Andy Goldsworthy, 2000

Salle Suivante

Le Grand Escalier

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