la cathédrale

Histoire

Cathédrale Notre-Dame du Bourg

Histoire

Cathédrale chalaisienne bâtie entre le XIIe et le XIVe siècle, la Cathédrale Notre-Dame-du-Bourg est l’un des plus beaux édifices du roman à nef unique du sud de la France. Plusieurs campagnes de fouilles archéologiques, sous la direction du professeur Gabrielle Démians d’Archimbaud de l’Université de Provence, ont mis au jour, sous et autour de la Cathédrale actuelle, d’importants vestiges qui témoignent de l’urbanisation du site dès le Ier siècle et racontent l’histoire de ce bourg canonial.

Parallèlement aux fouilles une vaste campagne de restauration et de mise en valeur du bâti fut menée; sous la direction de Francesco Flavigny, architecte en chef des Monuments Historiques, afin de rendre la Cathédrale au culte.

Dans le même temps, la création des vitraux et du mobilier liturgique fit l’objet d’une commande publique confiée à l’artiste canadien David Rabinowitch. Cette réalisation - l’un des plus beaux ensembles d’art contemporain sacré de France - fut inaugurée en juin 1998. La qualité et l’importance des niveaux archéologiques sous le bâtiment actuel ont conduit très tôt dans le chantier à poser la question de leur préservation et de leur présentation au public.

La création d’une crypte archéologique et d’un pôle muséographique d’interprétation sur site fut donc entreprise. En 2001 l’ensemble archéologique de Notre-Dame-du-Bourg est intégré dans le Plan Patrimoine Antique dont le but est la protection, la promotion et la diffusion de l’héritage antique de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

A l’issue des travaux de gros oeuvre, la crypte à fait l’objet d’une première présentation au public durant l’été 2003.

L’ouverture définitive - après la mise en place des aménagements muséographiques - est prévue pour juin 2010.

Dinia au IIe siècle, Jean-Claude Golvin
Digne au XIVe siècle, Jean-Claude Golvin

Les fouilles archéologiques de la cathédrale Notre-Dame du Bourg

Fouilles archéologiques dans le chevet de la cathédrale actuelle
Melle Gabrielle Démians d'Archimbaud, en train de mettre à jour un squelette
Une des dernières grandes campagnes de fouilles sur le parvis de la cathédrale
Fouilles archéologiques dans la nef de la cathédrale actuelle

Portail de la cathédrale Notre-Dame du Bourg

Chronologie de la cathédrale Notre-Dame du Bourg

réalisée par Josiane Richaud, attachée de conservation du musée Gasssendi , et responsable de la Crypte archéologique Notre-Dame du Bourg

Ier siècle ap. J.-C. - Les vestiges découverts les plus anciens attestent qu’une bourgade s’implante au quartier du Bourg.
 
IIIe siècle – Le régime des eaux et celui de la torrentialité changent au sud des Alpes et il semble alors que la ville antique soit abandonnée pour cause d’inondations et d’humidité.
 
374 – Concile de Valence. Saint-Vincent et Saint-Domnin à Digne. (Saint-Vincent est supposé d’après la tradition être le premier évêque de Digne).
 
IVe siècle – Élévation de la première église chrétienne.
 
Ve siècle – Construction d’une basilique à côté de la petite église du IVe siècle.
 
Xe siècle – Sans abandonner totalement le site du Bourg les habitants se déplacent sur la butte du Rochas. Une nouvelle ville naît : la cité.
 
XIe siècle – Avec l’évêque Hughes (1038-1066) travaux de modernisation de l’église, le clocher est édifié à cette époque là, avec un remploi de deux chapiteaux antiques aux deux angles, côté route. L’abside est transformée. On implante à l’intérieur même du grand chevet plat primitif une abside en hémicycle.
 
XIIe siècle – Un violent incendie brûle profondément les murs et le sol dans le chœur et même dans l’abside. Il dut provoquer l’écroulement de la toiture charpentée
 
3 novembre 1180 – Édit le plus ancien mentionnant l’église Notre-dame du Bourg. Il s’agit d’une bulle du pape Alexandre III confirmant les possessions du chapitre.
 
8 mars 1221 – Charte du Comte de Provence Raimond Béranger octroyant au prévôt du châpitre la juridiction du Bourg. La cathédrale est cité avec son vocable du Bourg « beata Maria … in burgo de Digne ».
 
1185 / 1290 – Après l’incendie, excepté le clocher, reconstruction de la cathédrale Notre-Dame du Bourg en partie telle que nous pouvons l’admirer aujourd’hui par l’évêque Guigues de Revel (moine chalaisien).
 
XIIIe / XIVe siècles – Construction d’un rempart autour de la cité.
 
XIVe siècle – L’espace du Bourg éloigné de la fortification devient vulnérable. Aussi, il est lui-même fortifié.
 
1315 – Construction de la chapelle Sainte-Anne à l’ouest du transept, qui prit bientôt le nom de son fondateur, l’évêque Raynaud de Porcellet qui s’y fit enterrer (chapelle Saint-Raynaud) Elle sera démolie plus tard.
 
15 juillet 1330 – Notre-Dame du Bourg est consacrée par l’évêque Elzéar de Villeneuve.
 
1335 – L’évêque Elzéar de Villeneuve fait construire, en l’honneur de son parent Saint Elzéar une chapelle qui existe toujours et sert aujourd’hui de sacristie. Aménagée près du chevet et des bâtiments canoniaux elle servit de lieu de réunion au chapitre au cours du XVe siècle
 
XIVe siècle – Réalisation en fresque des 12 médaillons, personnages.
 
XVe siècle – Réalisation des deux grands panneaux de fresques consacrées aux Vertus et aux Vices et surtout au jugement dernier et en face, à l’Annonciation et au martyr de Saint-André. Représentation de Saint-Honnorat.
 
XVe siècle – Les troubles entraînent de fortes déprédations et finalement l’abandon de cette église.
 
1490 / 1510 – L’évêque, Antoine de Guiramand fait construire une nouvelle église dédiée à Saint-Jérôme, près de son évêché placé sur la butte Saint-Charles plus facile à défendre.
 
XVIe siècle – Guerres de religion. En 1591, les remparts n’arrêteront pas le Duc de Lesdiguières qui saccage la cathédrale. Une réfection s’impose mais si maladroite que la stabilité du bâtiment s’en trouvera très affectée.
 
1591 - En possession du siège épiscopal (la cathèdre) et du corps capitulaire jusqu’en 1591 date à laquelle l’office divin fut transféré à Saint-Jérôme. Son titre de cathédrale a été néanmoins conservé.
 
22 janvier 1592 – Naissance de Pierre Gassendi, théologal et prévôt de l’Église de Digne. (décès : 1655)
 
XVIIe siècle – Des travaux de rénovations sont exécutés. Pierre Gassendi, prévôt de l’église cathédrale Notre-Dame du Bourg précise dans son ouvrage sur Digne que cette église est normalement utilisée pour le culte.
 
1840 - La cathédrale est classée monument historique.
 
Fin XIXe siècle – D’importants travaux de restauration furent entrepris.
 
1946 – Premiers sondages dans le clocher de Notre-Dame du Bourg par André Delmas et Jean Irigoin qui mettent des niveaux antiques en évidence avec des fragments de tubulures d’hypocauste.
 
1950 – Découverte à Thoard d’une inscription mutilée gravée sur une plaque de bronze. Il s’agit d’un décret pris en la curie de Digne en l’an 187 sous le règne de Commode.
 
1980 – À partir de cette date et jusqu’en 1986 une campagne d’investigations va être menée pour répondre aux désordres observés sur le bâtiment de la cathédrale. Une étude complète et approfondie de l’édifice est engagée. Ce qui débouchera par la suite sur d’importants travaux nécessaires pour sauver le bâtiment et permettre de le rendre au culte. Pratiquement en même temps, d’importantes découvertes archéologiques entameront une démarche pour la réalisation d’un musée de site : la crypte archéologique. 
 
1983/1984 - Sondages archéologiques dans la cathédrale (dernière travée de la nef et dans la « crypte » du clocher) pour étudier la pertinence de la stratigraphie du bâtiment.
 
1984/1985 – Fouilles de sauvetage réalisées par la direction des Antiquités de Provence-Alpes-Côte d’Azur sur une partie de la parcelle qui correspondra à l’implantation de la future Résidence Reine Béatrix. Elles révèleront la présence d’habitations de qualité du Ier siècle au quartier du Bourg.
 
1987/1988 - Face aux résultats majeurs obtenus lors des sondages de 1983/1984 il est décidé de fouiller tout l’intérieur de l’église jusqu’aux niveaux antiques à plus de 5 mètres de profondeur. Il s’agit d’une fouille programmée.
Septembre à novembre 1987 – Première campagne de fouilles dans la cathédrale.
Juin à décembre 1988 – Deuxième campagne de fouilles.
Vu l’ampleur du chantier il est fait appel à de grosses équipes et à plusieurs archéologues.
Découverte des vestiges d’un grand bâtiment (basilique) nécessaire au culte et à la vie de l’église diocésaine naissante avec des traces d’installation liturgique une solea, un passage donnant accès au presbyterium = l’espace réservé au clergé, une mosaïque du Ve siècle. Parmi les nombreuses autres structures découvertes, des murs antiques, des murs médiévaux, l’entrée du chœur carolingien, un four de bronzier, trois marches d’escalier du XIe siècle qui permettaient l’accès à l’église, le caveau de l’évêque au centre de l’abside et bien évidemment des tombes sous tuiles, des tombes maçonnées, des inhumations en cercueil, suivant les époques, des moules à cloche, des éléments sculptés, chapiteaux, bases de colonnes.
 
1988 - La D.R.A.C. (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et la Conservation Régionale des Monuments Historiques en accord avec la ville de Digne prennent la décision de restaurer La cathédrale. Cette opération durera jusqu’en 1996.
 
1988-1993 - Travaux de conservation sur les structures.                       
Juin 1992 la dalle à l’intérieur de la cathédrale est coulée.
Mars , avril 1993 les murs et les dalles d’une partie du futur accueil sont coulées.
 
1991/1992 – Fouilles archéologiques au nord et à l’ouest de la cathédrale en aire ouverte. Découverte de la première église chrétienne du IVe siècle.
 
1994 à 2004 – Fouilles à l’intérieur de la crypte archéologique nouvellement construite.
 
1996 à 1998 – Restauration intérieure de la cathédrale Notre-Dame du Bourg et commande publique confiée à David Rabinowitch.
 
1998 – Les travaux de restauration de la cathédrale sont terminés. La cathédrale est rendue au culte. Inauguration par le Ministre de la Culture : Madame Catherine Trautman.
 
1999 – à l’occasion du Comité Interministériel d’Aménagement et du développement durable du Territoire (C.I.A.D.T.) Lionel JOSPIN annonce le lancement du plan « Patrimoine Antique ». Il s’agit de conserver et de mettre en valeur le patrimoine antique de la région Provence Alpes Côte d’Azur.
 
Janvier 2001 - Parallèlement à la mise en place de ce plan « Patrimoine Antique », la région et le ministère de la Culture créés l’Agence pour le Patrimoine Antique. Elle intervient notamment sur la diffusion des connaissances des grands ensembles monumentaux antiques, sur la sensibilisation des publics et propose des séries d’actions culturelles.
 
2003 - Préfiguration de la crypte                                               
 
oct. 2003 à déc. 2006 - Travaux préparatoires instrumentations.
 
Oct., Nov., Déc,. 2005 – Dernière campagne de fouilles archéologiques par Mlle. Gabrielle Démians d’Archimbaud, correspondant à des vérifications et à un nettoyage final des fouilles.
 
janv. 2007 à déc. 2008 - Aménagements et équipements.
 
22 août 2007 – Déclaration de travaux pour l’aménagement de la crypte.
                                 
janv. 2009 à juin 2010 – Muséographie. Construction des passerelles nécessaires pour la circulation du public, éclairage du site, confection et installation des panneaux, plans et 23 cartels. Réalisation de l’espace accueil du public.                                                                        
 
24 Juin 2010 – Inauguration de la crypte archéologique Notre-Dame du Bourg.
 
 
 

 

 

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