herman de vries est né en 1931 à Alkmaar, aux Pays-Bas, vit et travaille à Eschenau, en Allemagne.
(...) Pour herman de vries, la nature se suffit à elle-même et n’a pas besoin d’être embellie par l’art, au contraire de ce que soutenait la doctrine classique de l’art comme " belle représentation " des choses : " nature est art ", dit-il, car elle est création perpétuelle. Certes, l’artiste ne doit pas non plus prendre la nature pour une scène où disposer ses productions : " je déteste l’art dans la nature ", dit encore herman de vries, dont les interventions n’ont, en dépit des apparences, rien de commun avec le Land Art, ce pan important de l’art contemporain qui a trouvé dans la nature un substitut avantageux aux espaces d’exposition de la galerie ou du musée. Toutefois, nous nous sommes tellement éloignés de la nature, nous l’avons tellement modifiée, manipulée, détruite, nous avons si bien oublié qu’elle est l’art par excellence, que seul un artifice de plus, celui de l’art humain, peut nous aider à la retrouver. Parce que nous avons perdu toute relation d’immédiateté avec la nature, nous avons besoin de la médiation supplémentaire de l’art pour restaurer l’unité que nous formions avec elle. (...)
Anne Moeglin-Delcroix, Extrait de la Proximité dans la distance, L'art et la nature chez herman de vries, herman de vries, Fage éditions et musée Gassendi, 2009
herman de vries vient régulièrement à Digne depuis 1999 considérant le territoire dignois comme un lieu de création et d'expérimentation aussi important que la régiond'Eschenau, en Allemagne, où il vit.
j'aime cette région, la vallée du bès, le bruit de l'eau qui coule au fond des nombreux ravins, le lit à sec de la bléone, dont les eaux se mettent à gronder dès que la rivière enfle et que les pierres roulent, entraînées par la force du courant ; j'aime les fleurs qui éclosent au printemps, les forêts et leur dense sous-bois, l'odeur de la végétation, le thym partout, la vue d'une montagne blanche, d'une route de campagne encore non goudronnée, et la fascination qu'exerce sur moi l'éventuelle rencontre d'un loup... digne est rapidement devenue une part de moi-même, elle a pris une place dans mon coeur, car c'est quasiment le seul endroit au monde où je n'ai trouvé que pure poésie.
herman de vries, nouvelles curiosités, Fage éditions et musée Gassendi, 2003