“Les installations de Trevor Gould et les sculptures qui les composent renvoient aux « mises en expositions du monde » que constituent les muséums d'histoire naturelle, les zoos et les expositions universelles. Chez lui, les représentations humaines, ostensiblement théâtrales, ont valeur emblématiques : souvent hybrides entre l'homme et le primate, elles portent à s'interroger sur la construction de l'image de l'Autre. Car l'oeuvre de l'artiste fait aussi
référence à l'histoire coloniale et aux « zoos humains ». Les figures qu'il organise en ce qu'il nomme une « géographie de l'exposition » sont à comprendre comme des métaphores du déplacement. Ainsi les spectaculaires girafe et éléphant sculptés par l'artiste évoquent d'incroyables épopées : celles des pachydermes conduits par Hannibal durant sa traversée des Alpes, celle de Zarafa, une girafe offerte au roi Charles X et qui fut envoyée par bateau depuis Alexandrie puis conduite à pied de Marseille à Paris.“
Natacha Pugnet
Le Musée Gassendi présente deux oeuvres plus anciennes Seeing is believing (2002) et Where the mermaid sings (Où chante la sirène, 2000), oeuvre acquise depuis par le musée.
Sylvie Bussières récupère symboliquement la technique ancestrale de la momification qui est destinée à assurer le passage entre la vie et la mort. En faisant une mise en valeur de cette stratégie d’occultation, elle recouvre de bandelettes de coton des formes d’animaux qui ainsi échappent à notre regard pour se plonger dans le mystère. Le côté solennel du dialogue entre temps et esprit est alors dédramatisé par l’humour et l’ironie : un bestiaire nous est présenté, où les acteurs, de formes décidément caricaturales, semblent bien en vie.
Sous un éclairage théâtral : ici un mouton attend le loup qui entre dans un labyrinthe, là un morse tient l’équilibre sur une boule, plus loin apparaît un lézard … La surprise vous attend avec la girafe-momie.